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Éditorial: un autre massacre d’État dans la Plaine du Cul de Sac!

Cette semaine a été l’une des pires moments depuis l’assassinat de l’ex président de facto Jovenel Moise le 7 juillet 2022. Soudainement, une guerre a éclaté en Plaine entre le gang 400 Mawozo appartenant à la coalition G-pep, qui contrôle Croix-des-Bouquets et le gang Chen Mechan, membre de G9 qui fait la loi à Croix-des-Mission. Les raisons qui ont provoqué cette nouvelle rivalité restent floues, mais souvent entre ses bandes armées, il s’agit soit d’un conflit pour le contrôle de territoire soit d’une trahison.

Depuis le dimanche 24 avril dernier, la Plaine du Cul-de-Sac qui comprend des localités comme Bon Repos Santo, Marin, Shada, Croix-des-Mission, Butte Boyer, a été assiégée par le gang 400 Mawozo qui a été chassé dans ses blocs depuis 2018. En réponse, les hommes de Chen Mechan ont occupé tous les axes routiers pour stopper la progression de l’ennemi et ont réussi à déjouer les plans de Lanmo 100 jou grâce au support de G9. Tout ça au grand dam de la population.

Selon la direction de la Protection Civile, au moins 18 civils ont été tués durant le 24 et le 26 avril. Plusieurs centaines de personnes ont quitté les zones d’affrontements et une cinquantaine se sont réfugiées sur une place publique à quelques centaines de mètres de la ligne de front. Des résidents des zones affectées par cette guerre déplorent aussi plusieurs morts dans les camps rivaux. Des cas de lynchage et de cannibalisme sont à déplorer. Des vidéos qui deviennent virales sur les réseaux sociaux affichent des membres détachés du gang 400 Mawozo ainsi que des présumés bandits de Chen Mechan. Les images sont déconcertantes.

La Police Nationale d’Haïti a tenté de réagir après les attaques. Selon le porte-parole de la PNH Garry Desrosier, 5 armes à feu ont été saisies, 3 policiers blessés et plusieurs présumés bandits tués par les forces de l’ordre dans le cadre de ces opérations qui sont toujours en cours.

Mais au fond, aucune institution ne pourra vraiment nous présenter un bilan qui reflète la vérité sur le nombre de victimes. Par expérience, comme ça a été le cas à la Saline, au Bel-Air ou à Martissant, nous savons tous que durant ce genre d’attaques, la plupart des cadavres sont incendiés, les restes humains sont emportés par le camp adverse par peur de représailles, des femmes et des filles sont souvent victimes de viol collectif, des maisons sont incendiées et le reste de la population fuit les zones de guerre. Ce n’est qu’après plusieurs semaines voire des mois que les organisations de défense des droits humains auront la permission d’investir le terrain. Les preuves seront déjà emportées et les quelqued résidants qui n’avaient pas fui auront peur de parler. Nous ne saurons jamais le nombre de victimes de ce nouveau massacre d’État.

Malgré toutes ses vagues, le gouvernement de facto dirigé par Ariel Henry ne pipe mot, il ne fait qu’observer les dégâts et profite du chaos pour s’enrichir en attendant les prochaines élections qu’ils ne pourront organiser. Ariel Henry refuse de démissionner, il affirme qu’il ne passerait les rênes du pays que par des élus, alors qu’il a été mis a la place du premier ministre Claude Joseph que par un simple Tweet. En attendant, les restes de la population et tous ceux qui n’ont pas encore les moyens d’abandonner l’enfer d’Haiti, jouent les martyrs et les plus faibles!

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